La crise économique est revenue au cœur des préoccupations des marchés céréaliers qui seront attentifs aux avancées sur le dossier de la dette grecque, et plus largement de la situation de la zone euro. Le Weather Market n’est pas pour autant éclipsé : la météo permet le bon déroulement des semis aux Etats-Unis, le temps froid ralentit le développement des cultures en Europe et le manque de pluie inquiète en Russie. Mais il n’y a pas que les filières agricoles qui scrutent le ciel pour tenter d’éclaircir leur avenir. Angela Merkel elle-même semble tentée de s’y fier : « Pluie à Paris, pluie à Berlin et, entre les deux, coup de foudre sur l’avion : trois fois de la malchance le premier jour d’entrée en fonction, cela pourrait être un bon présage pour la coopération », aurait-elle estimé en recevant François Hollande. Aïe ! Grand soleil annoncé le 18 sur Camp David pour le G8…...
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Au Sia, Nicolas Sarkozy défend la régulation des marchés agricoles
Communication – A un an de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a tenté de rassurer le monde agricole à l’occasion d’une table ronde organisé au Sia
Nicolas Sarkozy a renoué le 19 février avec la traditionnelle journée d’inauguration du Salon international de l’agriculture de Paris, et a même participé à une table ronde avec des agriculteurs français triés sur le volet, aux côtés de Bruno Le Maire. Pas d’annonce particulière au cours de cette rencontre (mis à part deux décrets relatifs au foncier et à la méthanisation), mais un discours assez convenu et rassurant, dirigé vers un électorat très distant du chef de l’état depuis les déconvenues des deux dernières éditions du Sia.
« Un marché non régulé n’est pas un marché » selon Nicolas Sarkozy Le débat sur les grandes cultures a permis à Nicolas Sarkozy de réitérer la position défendue au G20, à savoir une plus grande régulation. « Le marché non régulé n’est pas un marché » estime-t-il. « D’abord, il faut plus de transparence sur les stocks car l’absence d’information crée la panique. » Pour cela, il a défendu l’idée d’une seule organisation agricole internationale, chargée de réguler les marchés et de délivrer des informations fiables quant aux disponibilités mondiales et sur les intentions de semis. «Il faut pouvoir prévoir ce qui va être planté », a-t-il déclaré. La spéculation financière, « co-responsable de la pénurie et de la hausse des prix », a fait l’objet de plusieurs attaques du président de la République. « Est-il normal que des opérateurs non agricoles puissent acheter 15 % d’un marché sans débourser un sou et empocher la plus-value ? Je veux qu’ils en paient au moins 15 à 20 % (du contrat, ndlr). Il faut mettre de l’ordre dans les organisations agricoles. ». Et de marteler : « Si une hausse est due au marché, ça va, mais si elle est due à la spéculation, nous ne sommes pas d’accord. » Enfin, il a rappelé que « les outils de gestion des marchés de l’Europe doivent être utilisés ». Le président a également insisté sur la necéssaire solidarité entre les filières des grandes cultures et animales, rappelant à ce propos qu’il se souvenait « de silos pleins chez les agriculteurs quand l’Europe manquait de céréales », sans aller plus loin dans ses propos. Par ailleurs, reconnaissant que l’agriculture est centrale pour le commerce extérieur français, le président a soutenu le développement des exportations…de viande bovine.
Nicolas Sarkozy « choqué par la campagne de communication » de FNE La campagne d’affichage de France Nature Environnement (FNE), lancé au même moment que le Salon de l’agriculture, est arrivé à point nommé pour le président, dont le divorce avec les milieux écologistes était déjà consommé depuis la dernière édition du Sia où il avait déclaré « ça commence à bien faire » à propos des mesures environnementales. « Je suis choqué par la campagne de communication de FNE, très déplacée car je crois tellement à l’agriculture durable. (…) Qui peut mieux défendre la nature que ceux qui y vivent ? (…)Cette campagne est faite pour blesser. C’est injuste et contre-productif au moment où les agriculteurs ont multiplié les efforts. On ne combat pas l’intolérance en étant intolérant. Je ne laisserai pas insulter les agriculteurs de France », a déclaré le chef de l’Etat à une assistance acquise d’avance sur ces problématiques. Le débat sur le modèle agricole européen, que souhaitait engager FNE au travers de ses affiches, n’aura donc pas eu lieu.
Rodolphe de Céglie
Mis en ligne le 24 février 2011
AGPB et FNSEA sur leur faim
«Je suis satisfait par la position du président concernant FNE qui attaquait l’agriculture», a déclaré Philippe Pinta, président de l’AGPB. Sur la régulation, saluant la volonté d’une plus grande transparence, P. Pinta a regretté l’absence d’incitation à produire davantage, «le meilleur moyen de réguler le marché, c’est de produire plus. Cela ne semble pas être un objectif malheureusement». Du côté de la FNSEA, Xavier Beulin a également apprécié la volonté de réguler le marché notamment en réduisant le poids des spéculateurs financiers tout en regrettant aussi l’absence de priorité donnée à l’acte de production.