La Dépêche


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mardi 7 février 2012

L'HUMEUR
DE LA SEMAINE

  • Freezer Market

    Le froid est là ! Ce n’est pas une surprise en hiver, mais la chute des températures a été brutale. Surtout après le temps clément qui a prévalu depuis septembre. Et c’est bien là le problème. La douceur du climat a permis aux cultures de prendre de l’avance sur leur développement. Cela les rend plus vulnérables au gel. Les températures seraient inférieures de 10 °C à la normale, situation qui ne se reproduit que tous les dix ans ! -10 en France, -15 en Allemagne et Pologne et jusqu’à -30 en Ukraine et Russie... C’est tout le vieux continent qui est en alerte, craignant en particulier pour ses colza et blé dur. Les marchés, déjà soutenus par la météo sud-américaine et les incertitudes sur les ventes de blé russes, n’avaient pas besoin de cela. Même si rien n’est joué pour les cultures de notre côté de l’Atlantique, le risque suffit à faire frissonner le marché. Les vendeurs se retirent et les cours grimpent. Du coup, les acheteurs cherchent à se couvrir... et les cours grimpent !...

sauvons la luzerne

LE SONDAGE DU MOIS

Croyez-vous en la capacité du G20 de mettre en place des outils efficaces de régulation des marchés agricoles pour éviter les crises alimentaires ?

 



L'Agenda
+ de rendez-vous

13 février 2012
Séminaire de restitution “Grandes cultures autonomes”
Paris VIe
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22 février 2012
Conférence “Nouvelle donne géopolitique et économique mondiale : l’alimentation et la production au
Paris Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis)
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25 février 2012
Salon international de l’Agriculture
Paris
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Meunerie

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Interview

Mis en ligne le 09 octobre 2009

« Bruxelles confond régulation et marchés à terme »


La Dépêche-Le Petit Meunier : Les cours sur le marché du blé tendre ont considérablement reculé cette année. La profession est-elle plus sereine ?

Joseph Nicot : Nous avons assisté à une baisse dès le mois d’octobre 2008 jusqu’à aujourd’hui avec une moindre fluctuation des prix depuis ce printemps. C’est davantage cette baisse de la volatilité que l’on salue que la baisse des prix proprement dite. La meunerie  n’était pas habituée aux mouvements de prix que l’on a connu. Toutefois, la baisse des cours que nous connaissons implique une vigilance particulière car le retour à des hausses et à de fortes volatilités reste probable. On est certain que si une hausse arrive, elle sera forte et massive. Deux raisons essentielles à cela. D’abord parce qu’il y aura forcément une reprise économique à un moment donné. Ensuite parce que le risque lié aux récoltes subsiste (on peut avoir une bonne récolte mondiale deux années de suite voire trois, mais pas quatre). De plus, il faudra compter sur les investisseurs financiers qui disposent de sommes considérables pour intervenir sur le marché du blé. Leur retour sur le marché se fera assurément dès l’apparition de nouvelles volatilités. L’exemple du sucre est parlant. Après avoir connu des prix très bas, ce marché connaît aujourd’hui une extrême fermeté. La baisse actuelle des cours  du blé ne rend pas les choses forcément plus simples pour l’avenir ; on constate tout de même aujourd’hui une situation plus sereine pour les entreprises pour le paiement de leurs approvisionnements.

LD-LPM : Estimez-vous que l’industrie de la  meunerie est suffisamment armée pour gérer la volatilité des prix ? Le recours au marché à terme est-il en expansion ? Assure-t-il sa fonction de sécurisation des achats ?

JN : La meunerie s’est adaptée à la fluctuation des prix plus qu’à la volatilité car il est difficile d’acheter un lot de blé le matin et s’apercevoir en fin de journée que l’on aurait pu l’acheter nettement moins cher. Concernant les marchés à terme, on constate que Bruxelles confond souvent régulation et marché à terme : ce dernier n’est  pas la  solution à la dérégulation des marchés agricoles. L’ANMF a fait des propositions au gouvernement français et aux instances européennes pour améliorer  la transparence du marché à terme Euronext. En particulier au niveau de la connaissance de la proportion des contrats traités par des acteurs financiers qui n’utilisent pas les matières premières. La crise a bien montré le rôle toxique d’une emprise trop importante des financiers sur les marchés (bulle spéculative, matières premières…). Une plus grande transparence est indispensable. L’histoire des marchés à terme l’a montré à plusieurs reprises. La meunerie ne peut pas ignorer les marchés à terme. Néanmoins, y avoir recours n’est pas une obligation. Pour certains meuniers, il est possible de négocier leur risque auprès des intermédiaires (ex : collecteurs, banquiers…). Pour d’autres l’intervention directe sur les marchés à terme nécessite une bonne connaissance des techniques. Des formations sont proposées en ce sens aux meuniers. Cette année, le marché physique est largement approvisionné, mon sentiment est que la meunerie a moins recours au marché à terme que les précédentes campagnes.

LD-LPM : Quels sont les grands dossiers à venir pour l’ANMF ? La taxe carbone en fait-elle partie ?

JN : Plusieurs sujets vont mobiliser tout particulièrement notre attention. En premier lieu, la meunerie française souhaite intervenir dans les discussions en cours au niveau français et européen sur les orientations des marchés agricoles et notamment sur la régulation de la volatilité. L’ANMF participe également aux travaux liés à la révision des formules Incograin utilisées dans le cadre des contrats d’approvisionnement
des meuniers.
Au niveau social, la branche négocie actuellement un accord sur l’emploi des seniors et va ouvrir la révision des classifications.
La formation est également un dossier majeur et qui nous préoccupe en raison du manque cruel de professionnels disponibles pour nos entreprises suite à la baisse des effectifs en formation ces dernières années. Nous mobilisons donc la profession autour des structures de formation historiques et renouvelées (Ensmic-Enilia en particulier). Sur le volet environnemental, l’ANMF poursuit son accompagnement des moulins dans l’application de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement.
Enfin, nous travaillerons à la mise en place d’outils pour que les entreprises du secteur de la meunerie puissent appliquer les réglementations issues du Grenelle de l’environnement. Par exemple, l’ANMF participe actuellement à des travaux concernant l’impact environnemental de la farine.



Propos recueillis par Rodolphe de Céglie

Mis en ligne le 09 octobre 2009

Repères

La Meunerie française c’est :

- 5,75 Mt de blé pour produire 4,47 Mt de farines
- 653.000 t de farines exportées à travers le monde
- 1,9 Md € de chiffre d’affaires
- 3e rang européen et 11e rang mondial
- 366 entreprises représentant 448 unités de production
- 4 entreprises de dimension nationale, soit une capacité de production supérieure à 300.000 t.
Ces entreprises représentent 55,5 % de l’écrasement total

La Meunerie à l’international c’est :

- Le Symex : Un syndicat professionnel chargé de représenter les meuniers français exportateurs
- Euroflour : Un syndicat professionnel européen situé à Bruxelles dans les locaux du Coceral
- The European Flour Millers : Une instance située à Bruxelles qui réunit les associations meunières des pays de l’Union européenne

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Les Marchés

Cours du pétrole :97,20 $/baril
Cours du dollar :1€ = 1,3042 $

Pour les marchés à terme : dernière clôture
Blé

Rendu Rouen : 211 €/t
Euronext : 222,25 €/t
Chicago : 6,3850 $/bois.

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Maïs

Fob Rhin : 201 €/t
Euronext : 209,50 €/t
Chicago : 6,4425 $/bois.

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Orge

Rendu Rouen : 199 €/t

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Tournesol

Rendu Bordeaux : 435 €/t

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Colza

Rendu Rouen : 458 €/t
Euronext : 450,75 €/t

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Soja

Graine/Chicago : 12,33 $/bois.
Tourteau/Chicago : 327,50 $/t
Tourteau Montoir : 330 €/t

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Prix des aliments
janvier 2012