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vendredi 18 mai 2012

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    La crise économique est revenue au cœur des préoccupations des marchés céréaliers qui seront attentifs aux avancées sur le dossier de la dette grecque, et plus largement de la situation de la zone euro. Le Weather Market n’est pas pour autant éclipsé : la météo permet le bon déroulement des semis aux Etats-Unis, le temps froid ralentit le développement des cultures en Europe et le manque de pluie inquiète en Russie. Mais il n’y a pas que les filières agricoles qui scrutent le ciel pour tenter d’éclaircir leur avenir. Angela Merkel elle-même semble tentée de s’y fier : « Pluie à Paris, pluie à Berlin et, entre les deux, coup de foudre sur l’avion : trois fois de la malchance le premier jour d’entrée en fonction, cela pourrait être un bon présage pour la coopération », aurait-elle estimé en recevant François Hollande. Aïe ! Grand soleil annoncé le 18 sur Camp David pour le G8…...

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Etats-Unis

Mis en ligne le 01 septembre 2011

Déséquilibre entre la production agricole et la demande industrielle en biocarburant


Avec une campagne maïs et soja peu convaincante, l’influence du bioéthanol et du biodiesel sur l’inflation des prix anime les débats.

Alors que le ministère américain à l’Agriculture dégrade semaine après semaine ses perspectives de rendement sur la Corn Belt, la productivité de l’industrie des biocarburants, elle, ne semble en souffrir aucunement. Selon l’Environmental Protection Agency (EPA), en juin, la production américaine de biodiesel atteignait même un nouveau plus haut à 81 millions de gallons, enchaînant ainsi son troisième mois de hausse consécutif. En août, elle avait déjà dépassé celle de 2010. Selon les estimations de l’EPA, elle devrait ainsi exploser à 800 millions de gallons sur l’ensemble 2011, contre 315 millions l’an dernier. Pour expliquer ce bond phénoménal, il faut tout simplement se tourner vers la politique d’incitation fiscale instaurée en décembre 2010 par le gouvernement américain, et ne pas oublier que l’EPA a inclus le biodiesel en tant que biocarburant avancé dans son programme d’énergie renouvelable. Concrètement, ces décisions instauraient des crédits d’impôts aux exploitants relatifs à leur production, ainsi qu’une taxe à l’importation sur l’éthanol étranger. Et même si depuis, dans un contexte de tourmente financière et d’inquiétude entourant la balance économique et l’endettement américain, les sénateurs ont finalement mis un terme à cette politique, la machine est lancée et à plein régime.

Une machine économique contestée
    D’ailleurs, selon un rapport de la National Corn Growers Association (NCGA), l’industrie de l’éthanol reste un moteur pour l’économie américaine. Hormis les emplois créés, la production d’éthanol aurait permis aux Etats-Unis d’éviter l’importation de 445 millions de barils de brut, soit une économie de 33 milliards de dollars selon l’Energy Information Administration (EIA). La Renewable Fuel Association (RFA) estime ainsi à 50 milliards de dollars les gains engrangés sur le PIB par la production d’éthanol en 2010. Pourtant, les sénateurs américains n’ont pas mis fin à une politique d’encouragement fiscal sur un simple coup de tête. C’est en effet d’HSBC qu’est venue cette impulsion. La banque d’affaires a conseillé aux Etats-Unis de couper ces subventions accordées au bioéthanol, jugeant que l’investissement n’était finalement pas rentable. Selon l’établissement bancaire, l’arrêt des subventions permettra ainsi d’économiser 18 milliards de dollars, soit 13 milliards d’euros d’ici 2014.

La concurrence alimentaire
    Mais le débat ne se situe pas que sur le plan de la rentabilité. Les arguments économiques et énergétiques font également face à ceux des besoins alimentaires : devant une augmentation de la demande galopante, le transfert de maïs grain et fourrager vers la production d’éthanol ne fait que renforcer la tension qui entoure les stocks américains et induit ainsi mécaniquement la montée des prix du maïs. Pourtant, la National Corn Grower Association réfute cette idée de concurrence entre la production alimentaire et énergétique issue de la culture du maïs. Et pour cela, elle s’appuie en tout premier lieu sur l’explosion de la productivité américaine durant ces trente dernières années. En effet, de 91 boisseaux par acre en 1980, les Etats-Unis ont produit 152,8 boisseaux par acre en 2010. Ainsi, bien qu’entre 2002 et 2009 la production d’éthanol ait triplé cela n’a pas déséquilibré l’offre et la demande, toujours selon la NCGA. Au contraire, la part du maïs destinée au secteur non énergétique serait désormais de 21 % supérieure à ce qu’elle était en 2002. Le lobby américain appuie enfin son argumentaire sur un rapport de la Banque mondiale datant de 2010. Ce dernier expliquait alors, lorsqu’il abordait la question de la flambée des prix des matières premières en 2008, que « les effets des biocarburants sur les prix alimentaires n’étaient pas aussi importants qu’anticipé. Ce sont les financiers et la spéculation qui sont responsables du pic de 2007/2008 ». Seulement, depuis les places financères se sont effondrées à plusieurs reprises et les prix du maïs n’ont pas suivi la tendance. A 5,94 $ le boisseau sur le marché à terme de Chicago le 29 août 2008, le prix du maïs est passé à 7,53 $ le boisseau le 26 août 2011, porté par le manque de disponibilités à venir sur la prochaine campagne. La Banque mondiale a d’ailleurs révisé son jugement et voit dans les biocarburants un levier important dans les prix des matières premières. Dans son dernier rapport sur les prix de l’alimentaire, elle affirme d’ailleurs que « parmi les mesures qui permettraient de réduire les pressions sur des marchés alimentaires mondiaux étroits, figure l’assouplissement des cibles fixées en matière de biocarburants lorsque les prix alimentaires dépassent certains seuils ».



Marius Garrigue
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