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Mardi 24 mai 2016

Environ 4,2 Mt de céréales destinées au non alimentaire en France


Sur la campagne 2014/2015, 4,2 Mt de blé et de maïs ont été destinées aux biocarburants et aux autres débouchés du non alimentaire, à savoir les produits issus de l'amidonnerie : papier, bioplastique, etc.


Selon des données croisées entre le pôle IAR (Industries et agro-ressources), le SNPAA (Syndicat national de producteurs d'alcool agricole) et Passion céréales, près de 4,2 Mt de blé et de maïs trouvent preneur dans les filières non alimentaires.

Dans le détail, environ 1,6 Mt de blé sont destinées à produire du bioéthanol. En maïs, ce sont quelques 0,5 Mt qui sont transformées chaque année, pour une production de 2 Mhl de bioéthanol. Ces deux céréales permettent la production de 46 % du bioéthanol français, contre 54 % pour la betterave, soit environ 2,5 Mt.

Possible baisse de 1 Mt de maïs pour l'éthanol en 2016 dans l'UE

Si l'utilisation de céréales pour le bioéthanol reste stable dans l'Hexagone entre 2013/2014 et 2014/2015, la filière est en souffrance actuellement, du fait de prix du biocarburant en berne, avec la chute de l'or noir. C'est également le cas au niveau européen, qui dispose de capacités de production trop élevées, d'après la CEPM (Confédération européennes des producteurs de maïs). Abengoa en fait les frais, avec l'annonce de l'arrêt de ses usines en Espagne (Salamanque) et aux Pays-Bas (Rotterdam, cf. n°4157). Une importante usine de l'allemand CropEnergies a également fermé au Royaume-Uni (Wilton) en février 2015. Pour 2016, « les difficultés de l'industrie pourraient réduire de 1 Mt la consommation de maïs pour le bioéthanol dans l'UE », s'inquiète Gildas Cotten, responsable nouveaux débouchés au sein de l'AGPM (producteurs français de maïs). Un volume de 5,1 millions de tonnes de céréales françaises est destiné à l'amidonnerie, dont 2,8 Mt en blé tendre et 2,3 Mt en maïs. Environ la moitié du total est utilisée dans le non alimentaire, soit 2,5 Mt. Le principal débouché est le papier carton. La colle, la pharmacie, les détergents ou encore les bioplastiques sont d'autres issues possibles.

Il existe un dernier débouché, mais encore peu développé en France, à savoir la méthanisation. « Les surfaces sont négligeables, avec un peu moins de 2.000 ha de maïs, incluant les Cive (cultures intermédiaires à vocation énergétique) », indique Gildas Cotten. Ce dernier rappelle que le taux d'incorporation de grandes cultures dans les méthaniseurs devrait s'élever à 15 % dans l'Hexagone, hors Cive, laissant une importante marge de progression. En blé, aucun chiffre n'a pu être collecté.

L'Allemagne championne de la méthanisation

En Europe, la situation est très différente, spécialement concernant le maïs. La méthanisation constitue le premier débouché (cf. graphique), avec 1,17 Mha en 2015, contre 1,11 Mha en 2014. L'Allemagne concentre 77,4 % des surfaces, avec 920.000 ha, suivie de l'Italie, avec 11,7 %, soit 130.000 ha. Viennent ensuite les agrocarburants, qui concernent 4 % des surfaces de maïs dans l'UE, soit 620.000 ha pour 5,6 Mt en 2014/2015, un volume stable par rapport à 2013/2014. La troisième place du podium revient à l'amidonnerie non alimentaire, qui consomme environ 350.000 ha/an de maïs UE, selon le syndicat des amidonniers européens. 

Kévin Cler



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