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L'HUMEUR
DE LA SEMAINE

  • Bread Story bientôt sur vos écrans

    Cela se confirme : M6 va lancer à la rentrée une émission ayant comme star principale le pain ! En réalité, ce sont les boulangers qui seront mis à l’honneur. Exploitant une recette au succès déjà démontré à la télé, la chaîne propose de débusquer La Meilleure boulangerie de France ! Deux professionnels émérites se lanceront sur les routes de nos régions pour aller à la rencontre des artisans. L’occasion de mettre en valeur la qualité et la diversité des produits, des terroirs, la virtuosité du métier… On imagine aussi que le programme pourrait revêtir une dimension pédagogique auprès des consommateurs, en espérant que l’approche téléréalité ne galvaude pas le secteur. C’est une vitrine de premier choix qui semble donc s’offrir aux produits issus de nos filières. Et aussi qui pourrait donner un nouveau coup de pouce à la consommation de pain. L’émission remplaçant “Un dîner presque parfait”, devenu moins appétissant pour les téléspectateurs, ne sera pas diffusée en prime time, mais en début de soirée. Au plus fort de son succès (avant l’arrivée de la TNT), l’émission des cuistots amateurs est tout de même parvenue à réunir 22,3 % des 16 millions de personnes devant leur poste à cet horaire. Et jusqu’à 40 % des ménagères. Si, l’achat de pain n’est pas l’apanage de ses dames, qui en sont responsables à 51 % (enquête Ifop/Observatoire du pain), on peut penser que, passionnées par le concours télévisé et l’eau à la bouche, elles pensent tout de même à biper leur conjoint d’un “Coucou ! Tu as pris le pain ?”. Cette médiatisation tombera en effet à point nommé, juste après la campagne nationale des meuniers et boulangers visant à attirer les Français dans les boutiques....

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Mis en ligne le 19 avril 2012

Front de gauche : « Des exploitations moins grandes, plus écologiques et plus de régulation »


Responsable de la Commission agriculture du Front de gauche, Laurent Levard présente un projet agricole en rupture totale avec l’actuel.

« Le Front de Gauche défendra une agriculture écologique si Jean-Luc Mélenchon est élu », assure Laurent Levard, président de la Commission agricole du jeune parti. Parce que « le modèle actuel de l’agriculture ne correspond pas aux attentes générales », le Front de gauche entend articuler sa politique « autour d’une transition écologique de l’agriculture » afin de « fournir des aliments de qualité à l’ensemble de la population, en permettant de créer des emplois et de revenir sur les ravages environnementaux que génère l’agriculture actuelle ». Pour cela, il faudra revenir à une agriculture plus paysanne « en rupture avec le processus actuel de la réduction du nombre d’exploitations et de la concentration de la production », selon le Front de gauche.
 
En rupture avec le modèle agricole productiviste
Mesure phare du projet du Front de gauche, la mise en œuvre du « principe d’une surface maximale d’exploitation par actif. » Aucun chiffre n'est encore fixé, mais « il est clair que certaines exploitations existantes sont trop grosses, notamment les exploitations céréalières » explique Laurent Levard. « Les terres libérées serviront à l’installation de jeunes agriculteurs et à l’agrandissement des petites exploitations », précise-t-il. L'idée est de « redistribuer les terres en favorisant les agriculteurs s’inscrivant dans une transition écologique. »
Au-delà de la taille, les pratiques culturales devront aussi évoluer par un plan de transition vers « une agriculture beaucoup plus économe en intrants et en insecticides ». Ceux-ci « devront être réduit de 50 % en une mandature », explique le responsable agricole du Front de gauche. Quant aux OGM, qui ne répondent pas aux attentes de la société, le Front de gauche les refuse en bloc compte tenu de l’enjeu de la brevetabilité du vivant qu’ils représentent.
Concernant les biocarburants, le Front de gauche « cessera tout soutien aux agrocarburants de première génération » pour étouffer leur production et leur importation. Les volumes importés « contribuent à l’accaparement des terres, au recul des agricultures paysannes et à la destruction de l’écosystème » estime le Front de gauche. A l’échelle nationale, les filières agrocarburants sont « hautement discutables, voire négatives selon certaines études », justifie Laurent Levard. Et de conclure, « de manière générale, il faut limiter la concurrence avec la production alimentaire, qui contribue à la progression des cours sur le marché mondial ». Tous ces éléments devront s’intégrer dans une politique visant à relocaliser les productions « pour retrouver des zones d’élevage proches des grandes zones de production céréalière, par exemple ».

Régulation, gestion des marchés agricoles, et prix rémunérateurs
Le Front de Gauche entend réintroduire dans la Pac, « des outils de régulation et de gestion des marchés agricoles avec des prix rémunérateurs dans des conditions moyennes de production. » « Le maintien de mécanismes de production comme les quotas laitiers, qui peuvent être un outil pour relocaliser les élevages » sont prioritaires pour Laurent Levard. Néanmoins certaines pratiques comme les restitutions à l’export sont écartées. « La priorité doit être la consommation intérieure, sans nous empêcher d’exporter des produits transformés à forte valeur ajoutée », précise Laurent Levard.
Concernant les aides Pac, « il faut sortir du système de rente absolument injuste, qui perdure et qui profite aux grands céréaliers, alors que d’autres vivent sous le seuil de pauvreté ».
Sur la régulation des prix agricoles, le Front de gauche réclame « la reconnaissance du droit des états et des régions à réguler et à protéger leurs marchés agricoles, dans les pays du Sud comme dans ceux du Nord. » D’autre part, « Il faut lutter contre la spéculation sur les marchés à terme, en imposant des limites de position collectives aux spéculateurs financiers » relève Laurent Levard. « Aux alentours de 30 %, la proportion d’opérateurs non commerciaux suffise à assurer la fluidité du marché », ajoute t-il. Pour réduire la volatilité des prix et les écarts entre offre et demande , « des systèmes coordonnés de stocks mondiaux, régulateurs et non d’urgence » doivent être mis en place.
Enfin, la relation entre le agriculteurs, leurs clients et la grande distribution, pourrait tourner à l’avantage de l’amont, avec la mise en place « de coefficients multiplicateurs maximums » sur certains produits, dont la liste reste à définir. « Si à un moment donné, la grande distribution cherche à augmenter les prix aux consommateurs, les prix à la production augmenteront automatiquement », explique Laurent Levard.



Rodolphe de Céglie
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