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vendredi 18 mai 2012

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    La crise économique est revenue au cœur des préoccupations des marchés céréaliers qui seront attentifs aux avancées sur le dossier de la dette grecque, et plus largement de la situation de la zone euro. Le Weather Market n’est pas pour autant éclipsé : la météo permet le bon déroulement des semis aux Etats-Unis, le temps froid ralentit le développement des cultures en Europe et le manque de pluie inquiète en Russie. Mais il n’y a pas que les filières agricoles qui scrutent le ciel pour tenter d’éclaircir leur avenir. Angela Merkel elle-même semble tentée de s’y fier : « Pluie à Paris, pluie à Berlin et, entre les deux, coup de foudre sur l’avion : trois fois de la malchance le premier jour d’entrée en fonction, cela pourrait être un bon présage pour la coopération », aurait-elle estimé en recevant François Hollande. Aïe ! Grand soleil annoncé le 18 sur Camp David pour le G8…...

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Vie des entreprises - Biocarburants

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Marché immobilier rural

Mis en ligne le 16 juin 2011

L’Angleterre investit les terres africaines


Pour produire toujours plus de biocarburant, un nombre croissant d’entreprises européennes se tournerait vers le continent africain.

Selon une enquête du Guardian, le phénomène d’achat de terres agricoles africaines sub-sahariennes est en pleine explosion. Le quotidien vise en premier lieu l’Angleterre, qui investirait massivement, notamment dans les terres destinées à la production de biocarburant. Et les chiffres révélés par le quotidien anglais sont particulièrement éloquents. En effet, en Afrique, 3,2 millions d’hectares de culture de biocarburant ont été recensés par le Guardian, et plus de la moitié de ces terres sont possédées par 11 entreprises britanniques. La part restante est partagée entre l’Italie, l’Allemagne, la France et les Etats-Unis. L’étude du Guardian a tout de même comptabilisé plus de 100 projets, provenant de 50 compagnies diverses, elles-mêmes originaires de 20 pays. Cette ruée vers l’Afrique confirmée par le journal d’outre-Manche aurait pour objectif d’atteindre la part des 10 % d’énergie renouvelable nécessaire aux transports avant 2020. Au demeurant un ratio imposé par la Commission européenne, dans le cadre du plan climat européen.

Des agrocarburants peu rentables
    La plus importante des entreprises présentes en Afrique est la Crest Global Energy avec près  de 900.000 ha partagé entre le Mali, la Guinée et le Sénégal. Et, à la polémique qui entoure la culture de biodiesel, la direction de Crest Global Energy répond qu’il « est vrai que dans certains cas les cultures de biodiesel handicapent la productivité de culture de nourriture, mais dans (leurs) projets, (ils) plantent autant de nourriture que de biodiesel sur les terres qu’(ils ont achetées) pour l’exploitation agricole ». Une démarche qui ne semble pas être universelle. En effet, Sun Biofuel, une autre compagnie anglaise, possédant pour sa part 13.000 hectares en Tanzanie et au Mozambique, cultive du jatrophe curcas (Jatropha), une plante non comestible et qui peut ne donc être raffinée que pour la production de biodiesel. Mais, l’aspect écologique n’est pas le seul qui pose question, le Jatropha a justement été dénoncé par un rapport des Amis de la Terre datant de décembre 2010, comme une culture à la rentabilité particulièrement désastreuse. Alors que les prévisions laissaient espérer un rendement de 9 tonnes d’huile par hectare, les récoltes n’ont conduit qu’à une production comprise entre 1,7 et 7,8 t/ha. Depuis, la compagnie hollandaise BioShabe a deposé le bilan après avoir acquis des terres en Tanzanie. Le groupe pétrolier BP s’est de son côté retiré d’une joint venture commune avec l’entreprise britannique d’Oils (qui possède 5.000 ha en Afrique selon le Guardian).

Un investissement qui fait débat
    SunBiofuel est également pointée du doigt en ce qui concerne l’orientation économique de son projet. « Nous cultiverons ces terres et débuterons la production dans deux ans », a déclaré Peter Auge, directeur de la filiale en Tanzanie, ajoutant que « cette production aura pour objectif principal l’export vers l’Europe ». C’est ce point précis qui génère la colère des locaux. Selon Jamidu Katima, professeur à l’université de Dar es Salaam, « le gouvernement n’a aucun projet de construction de raffinerie, et ne compte pas obliger les investisseurs étrangers à consacrer une part de leur production au marché national ». Une opinion partagée par Lorenzo Cotula, chercheur à l’Institut international pour l’environnement et le développement. Pour lui, les contrats de transactions  foncières en Afrique « ne contiennent que des promesses vagues et inapplicables. D’autres ont des baux de 100 ans, pour un loyer très faible et même, parfois, un accès gratuit et prioritaire à l’eau. Les grandes plantations commerciales chassent par ailleurs les communautés rurales de leurs terres. »
    Ce phénomène agricole, mis en évidence par le Guardian, serait donc orienté uniquement à l’export et ne produirait strictement que de biodiesel. Et le jour où cette étude était publiée, le 1er juin dernier, l’ONG Oxfam livrait un rapport sur la volatilité des prix agricoles. Ce dernier avertissait que, selon ses prévisions, le prix des denrées alimentaires risquaient de doubler durant les vingt prochaines années. La cause de cette inflation ? La part grandissante des cultures d’agrocarburants dans le monde.



Marius Garrigue
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