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L'HUMEUR
DE LA SEMAINE

  • La boulangerie prépare son avenir

    Du 13 au 19 mai s’est déroulée en France la traditionnelle Fête du pain. Et il n’y a qu’à se balader sur la toile pour mesurer, au regard de la couverture médiatique, la forte mobilisation de la profession autour de cet évènement. Pour sa 18e édition, les festivités de la Saint-Honoré visaient à toucher les nouvelles générations. Pas les plus jeunes, conquis d’avance par les animations, ateliers et surtout gourmandises proposés par les boulangers à cette occasion. Comme pour marquer le passage à l’âge adulte de la manifestation, les professionnels ont souhaité cette année mettre leurs dernières recrues sur le devant de la scène. L’idée ? Présenter les différentes fonctions, compétences et perspectives de carrière de ce secteur. Le tout dans l’espoir de susciter des vocations. Parmi ses atouts : la boulangerie recrute en permanence et ce métier réserve, il faut le souligner, la possibilité de devenir son propre patron !
    Alors que la baguette de tradition française –qui a signé le passage du pain-nécessité au pain-plaisir, comme le souligne l’Observatoire du pain– s’apprête à célébrer son 20e anniversaire, le secteur travaille donc encore à sa pérennité. Et ce n’est qu’un début : meuniers et boulangers sont sur le point de lancer une nouvelle campagne de communication…...

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Marchés mondiaux

Mis en ligne le 14 juin 2012

La méfiance envers les OGM pourrait nuire à la sécurité alimentaire


Le manque d’harmonisation entre pays sur les niveaux minimaux de présence d’OGM autorisés perturbe les échanges de grains mondiaux.

La sécurité alimentaire doit passer par une fiabilité du commerce mondial des grains, selon un débat lors de la dernière conférence annelle du CIC à Londres le 7 juin. Les solutions pour augmenter les productions locales dans les régions déficitaires sont nécessaires mais insuffisantes. « Même si l’accroissement de productivité peut répondre aux objectifs locaux, il y aura toujours besoin d’un développement des échanges pour nourrir la population mondiale. Les transactions internationales permettent d’équilibrer les régimes alimentaires d’environ 1 milliard de personnes, en étant complémentaires des ressources locales et régionales », affirme Paul G. Green, consultant économiste agricole au Naega (association nord-américaine des exportations des grains). Selon lui, les échanges devraient représenter 15 % de la production mondiale de grains en 2050. « Cela doit passer par l’arrêt d’embargo sur les exportations, par des normes sanitaires et phytosanitaires prévisibles et par une régulation sur les cultures issues des biotechnologies. »

Le problème croissant des OGM

Les importations mondiales de grains s’afficheraient à 310 Mt en 2011, et sont projetées à 465 Mt en 2031. En 2011, les cultures OGM concernent 29 pays sur 160 Mha, et continuent de se développer. Le risque d’avoir des perturbations dans les échanges internationaux ne fait qu’augmenter, tous les pays n’ayant pas la même tolérance vis-à-vis des OGM. La présence de traces, même de façon fortuite, peut entraîner l’arrêt du commerce. « Cela fait monter les prix et, au final, menace la sécurité alimentaire », estime Dennis G. Stephens, directeur exécutif du conseil canadien des grains. « Un seuil de présence minimale est inévitable dès qu’une culture OGM est commercialisée à l’international. » Un seuil de présence zéro est impossible à atteindre. Il est dépassé lorsque l’on détecte à 0,01 % des traces OGM, ce qui revient à un grain sur 40.000. « Ce n’est en soi ni un problème de sécurité alimentaire, ni de santé animale, ni environnemental », assure Dennis G. Stephens. De plus, les laboratoires ne sont pas toujours d’accord dans leurs analyses. Le plus problématique est qu’« une politique de tolérance zéro pour les cultures biotechnologiques peut mettre en péril les pays importateurs concernés », rajoute-t-il.

Un défi pour l’Union européenne

L’UE est un importateur majeur de produits agricoles : c’est le premier en tourteaux (76 Mt), le second en graines oléagineuses (60 Mt) et le quatrième en grains (293 Mt), selon l’USDA et Toepfer. Or ses principaux pays fournisseurs de tourteaux et de graines de soja sont le Brésil et l’Argentine, deux pays où la part des cultures OGM est croissante. La politique de zéro tolérance de l’UE par rapport aux OGM s’oppose à l’adoption croissante de ceux-ci par les pays tiers. Les négociants européens font face à un défi majeur pour satisfaire la demande en alimentation humaine et animale. Depuis 1997, l’UE n’importe presque plus de maïs d’origine américaine. « Il est crucial qu’un pays puisse avoir accès à des sources variées d’approvisionnement tout au long de l’année que ce soit pour assurer son alimentation humaine, animale ou sa production de carburant », explique Teresa Babuscio, secrétaire générale du Coceral. Car il ne faut pas oublier que l’UE est le premier producteur mondial de biodiesel avec un volume de 8 Mt et le « troisième producteur mondial d’éthanol », avec 7,8 Mt.
La situation ne devrait guère s’améliorer à court terme car l’autorisation de cultures OGM dans l’UE vient d’essuyer un sérieux revers, avec le refus lundi 11 juin d’une proposition soumise aux 27. Le blocage vient essentiellement de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la Belgique. John Dalli, le  commissaire européen en charge de la Santé et des Consommateurs, avait déclaré en avril : « Pour les deux OGM dont la culture est aujourd’hui autorisée dans l’UE, nous avons des clauses de sauvegarde dans 10 des 27 pays, et on va continuer comme ça. » Dans un avenir proche, l’attention va se focaliser sur la commercialisation du maïs GM MIR162, qui pourrait poser un problème de relations avec les États-Unis, le Canada, le Brésil et l’Argentine. Un autre défi à la durabilité des approvisionnements est la réforme de la directive sur l’énergie de l’UE.



Anne Le Nail
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