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vendredi 18 mai 2012

L'HUMEUR
DE LA SEMAINE

  • Augures

    La crise économique est revenue au cœur des préoccupations des marchés céréaliers qui seront attentifs aux avancées sur le dossier de la dette grecque, et plus largement de la situation de la zone euro. Le Weather Market n’est pas pour autant éclipsé : la météo permet le bon déroulement des semis aux Etats-Unis, le temps froid ralentit le développement des cultures en Europe et le manque de pluie inquiète en Russie. Mais il n’y a pas que les filières agricoles qui scrutent le ciel pour tenter d’éclaircir leur avenir. Angela Merkel elle-même semble tentée de s’y fier : « Pluie à Paris, pluie à Berlin et, entre les deux, coup de foudre sur l’avion : trois fois de la malchance le premier jour d’entrée en fonction, cela pourrait être un bon présage pour la coopération », aurait-elle estimé en recevant François Hollande. Aïe ! Grand soleil annoncé le 18 sur Camp David pour le G8…...

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Agroalimentaire

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Engrais et amendements minéraux

Mis en ligne le 20 octobre 2011

La productivité de l’agriculture française est menacée


Selon l’Unifa, la reprise des livraisons en 2010/2011 n’est pas à la hauteur des besoins de renouvellement et d’amélioration de la fertilité des sols.

L’union des industries de la fertilisation (Unifa) tire la sonnette d’alarme : le renouvellement de la fertilité des sols agricoles n’est plus assuré et le recyclage des produits organiques n’est pas à la hauteur des besoins. Or « il est acquis que la production et l’utilisation responsable d’engrais et d’amendements minéraux en agriculture constituent un élément essentiel de la sécurité alimentaire mondiale et qu’ils apportent aussi une partie de la solution au changement climatique », précise un communiqué de presse en date du 11 octobre.

Des livraisons en hausse en 2010/2011...
Les 11,7 Mt d’engrais et d’amendements minéraux livrées en 2010/2011, quoiqu’en hausse respectivement de 18 % (9,8 Mt) et de 15 % (1,9 Mt) par rapport à la campagne précédente, restent inférieurs au pic de livraisons de 2007/2008. Le chiffre d’affaires de l’industrie de la fertilisation s’établit à 2,33 Md€ en 2010, en hausse de 23 % par rapport à l’année précédente (1,8 Md€) après une baisse, faut-il le rappeler, de 51 % entre 2008 (3,5 Md€) et 2009, où s’était conjuguée une baisse des volumes commercialisés et des prix de vente.
Il faut dire que ces dernières années, la volatilité des prix des matières premières entraîne des fluctuations de plus en plus larges du marché des engrais. Et si la reprise des livraisons observée la campagne dernière a été soutenue par une grande fermeté des prix agricoles, le marché des engrais devrait garder son dynamisme en 2011/2012. Mais encore faut-il que « les prévisions de prix fermes pour les céréales et les oléagineux se confirment », relativise l’Unifa dans son rapport d’activité 2010/2011.

... mais des apports d’engrais minéraux en baisse sur le long terme
Cependant, cette amélioration ponctuelle des volumes mis sur le marché n’inverse pas les tendances à long terme. La baisse d’utilisation des éléments nutritifs est toujours observée. En témoignent les courbes descendantes des livraisons d’engrais minéraux sur les vingt dernières années, présentées par l’Unifa à l’occasion de leur conférence de presse du 11 octobre à Paris. Ainsi, l’utilisation de phosphates minéraux (P) a été divisée par quatre depuis les années 70, celle du potassium (K) par trois et celle de l’azote (N) a diminué de 15 % par rapport à son niveau le plus haut des années 80. Les apports de ces éléments nutritifs NPK ne sont plus suffisants pour remplacer les quantités exportées par les récoltes dans certaines régions françaises, s’inquiète l’Unifa. D’après une étude menée par leurs soins sur “L’évolution des bilans régionaux de fertilisation en France de 1988 à 2010”, « les soldes de bilan (pour les trois éléments : phosphore, potassium et magnésium, NDLR) tendent vers des valeurs faibles ou négatives, particulièrement dans les régions des grandes cultures disposant de peu d’élevage. Ces bilans déficitaires cumulés sur plusieurs années se traduisent en moyenne par une utilisation des réserves du sol en éléments nutritifs. »
Le solde du bilan n’étant qu’un indicateur d’une tendance, la moyenne, tout particulièrement dans ce domaine, cache des variations considérables des pratiques et des états de fertilités des sols. « C’est pour cette raison qu’il est indispensable de gérer la fertilisation sur la base des analyses de terre et des bilans calculés par parcelle », précise l’étude.
 


Karine Floquet

Mis en ligne le 20 octobre 2011

Le changement climatique, le second cheval de bataille de l’Unifa

« En 2013, l’industrie de la fertilisation va devoir acheter 15 à 20 % de ses quotas de CO2, ce qui représente 20 % de sa valeur ajoutée », s’est indigné Gilles Poidevin, délégué général de l’Unifa, lors de la conférence de presse du 11 octobre. « L’Unifa appréhende une pression toujours plus forte sur les industriels qui les obligerait à acheter davantage de quotas, ce qui pourrait entraîner des fermetures de sites européens malgré une réduction de la moitié de leurs émissions », précise le communiqué. Et d’ajouter : « Il en résulterait une “fuite de carbone” vers des pays tiers qui entraînerait une augmentation des émissions de gaz à effet de serre due à une production plus émettrice et à un transport plus long.» L’Unifa observe déjà que la concurrence des productions extra-européennes progresse en 2010/2011 à plus de 25 % des livraisons d’azote, suite à l’indécision de la Commission européenne sur la prolongation des mesures anti-dumping contre ces concurrences déloyales, souligne le communiqué.

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