La crise économique est revenue au cœur des préoccupations des marchés céréaliers qui seront attentifs aux avancées sur le dossier de la dette grecque, et plus largement de la situation de la zone euro. Le Weather Market n’est pas pour autant éclipsé : la météo permet le bon déroulement des semis aux Etats-Unis, le temps froid ralentit le développement des cultures en Europe et le manque de pluie inquiète en Russie. Mais il n’y a pas que les filières agricoles qui scrutent le ciel pour tenter d’éclaircir leur avenir. Angela Merkel elle-même semble tentée de s’y fier : « Pluie à Paris, pluie à Berlin et, entre les deux, coup de foudre sur l’avion : trois fois de la malchance le premier jour d’entrée en fonction, cela pourrait être un bon présage pour la coopération », aurait-elle estimé en recevant François Hollande. Aïe ! Grand soleil annoncé le 18 sur Camp David pour le G8…...
25 mai 2012 Bourse d’échanges du Grand Sud Sète (Hérault) En savoir + 25 mai 2012 Bourse de Bruxelles Bruxelles (Belgique) En savoir + 25 mai 2012 Assemblée générale du Snia Aix-les-Bains (Savoie) En savoir +
Malgré la crise économique et l’actualité sociale animée, marquée par la réforme portuaire, Rouen a enregistré un trafic maritime de 26,7 Mt en 2010 (23,3 Mt en 2009), battant, dès la fin novembre son précédent record de 1999 et ses 24 Mt. Le fluvial progresse aussi, de 10 % sur un an, à 5,5 Mt. Le score historique réalisé en céréales, avec 9 Mt expédiées, explique en grande partie cette performance. Il faut remonter à 1993 ou 1985, où d’importantes cargaisons partaient vers l’Europe de l’Est, pour observer de tels chiffres. En 2010, l’Afrique du Nord a absorbé 70 % des exportations céréalières réalisées depuis le Port de Rouen (cf. n°3881 p1).
De nouveaux trafics qui prennent de l’ampleur Dépassant au total les 30 Mt de marchandises traitées, le port enregistre une croissance de 14,5 %. Comme l’a concédé Alain Bréau, le président du conseil de surveillance, lors d’une conférence le 12 janvier à Paris, la conjoncture, marquée par l’absence de la mer Noire sur le marché mondial des céréales, a bien aidé à ces performances en matière de trafic. Depuis début juillet, les expéditions mensuelles de blé et d’orge avoisinent les 780.000 t, avec un pic à 982.000 t en octobre ! Comme en 2009, l’orge a constitué près de 10 % de ces volumes. Néanmoins, le trafic hors céréales enregistre une progression proche de 8 %, souligne Alain Bréau. Pour lui, ces bons résultats sont « le témoignage d’une collectivité qui, à l’image des acteurs du monde agricole, va chercher ses trafics ». Le port a développé de nouveaux flux, avec notamment des importations de blé (91.300 t) et colza (315.000 t) pour les usines d’agrocarburants de Tereos et Saipol. Les exportations de malt à destination du Brésil, du Japon et de la Chine ont, elles, bondi de 82 % à 235.000 t. Si les chargements de sucre ont progressé, ceux de farine continuent de reculer chutant en 2010 de 50 %, à 66.000 t. En cause ? L’arrêt des ventes sur Cuba et surtout vers la Libye, désormais équipée de moulins et demandeuse de blés, y compris français cette année. « Les records de 2010 doivent être confortés en 2011 », année qui sera marquée par l’achèvement de la réforme portuaire et le lancement de l’approfondissement du chenal. Les travaux devraient débuter au second semestre. L’augmentation d’1 mètre du tirant d’eau –mise en place à échéance 2015 pour l’exportation céréalière– permettra à Rouen d’accueillir « 80 % de la flotte mondiale de demain », à savoir des navires de moins de cinq ans. Avec cet investissement de 200 M€, le port table sur 5 Mt de trafic supplémentaire d’ici 2020. Les ports de Paris, Rouen et Le Havre devraient aussi valider en 2011, pour une mise en place en 2012, une stratégie commune, de coordination commerciale notamment. Cette ambition collective, couplée à l’amélioration de l’accès maritime du port de Rouen, permettra d’ouvrir, via la Seine, un nouvel accès mondial à l’Europe.