La crise économique est revenue au cœur des préoccupations des marchés céréaliers qui seront attentifs aux avancées sur le dossier de la dette grecque, et plus largement de la situation de la zone euro. Le Weather Market n’est pas pour autant éclipsé : la météo permet le bon déroulement des semis aux Etats-Unis, le temps froid ralentit le développement des cultures en Europe et le manque de pluie inquiète en Russie. Mais il n’y a pas que les filières agricoles qui scrutent le ciel pour tenter d’éclaircir leur avenir. Angela Merkel elle-même semble tentée de s’y fier : « Pluie à Paris, pluie à Berlin et, entre les deux, coup de foudre sur l’avion : trois fois de la malchance le premier jour d’entrée en fonction, cela pourrait être un bon présage pour la coopération », aurait-elle estimé en recevant François Hollande. Aïe ! Grand soleil annoncé le 18 sur Camp David pour le G8…...
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Non à l’individualisme, oui à la coopération nationale
Philippe Mangin, président de Coop de France, fait le point sur les dossiers de la rentrée.
« Le moment n’est pas à l’individualisme. Aujourd’hui il faut renforcer le national. » C’est en ces termes que s’est exprimé Philippe Mangin, président de Coop de France, lors d’un point presse, organisé au siège de l’organisation le 26 septembre. Et d’insister : « Jamais il a été autant nécessaire que les coopératives agricoles coopèrent entre elles et renforcent la coopération nationale. » Il est vrai que le manque d’organisation des producteurs est de plus en plus handicapant pour les filières agricoles, qui sont par ailleurs frappées par des problèmes de compétitivité et de volatilité des prix.
Compétitivité, volatilité et organisation Selon Philippe Mangin, trois leviers se présentent aux coopératives pour gagner en compétitivité. En premier lieu, il faut lutter contre les dispositions fiscales et réglementaires qui conduisent à des distorsions de concurrence à l’échelle européenne. En second lieu, il faut capter la valeur ajoutée, « ce qui est davantage de notre responsabilité », relève le président de Coop de France. Pour cela, il est nécessaire de davantage segmenter l’offre agroalimentaire française, de jouer sur l’effet “taille” auprès de la grande distribution et miser sur l’innovation. Dans ce cadre, « l’ambiance franco-française voire européenne est inquiétante », confie Philippe Mangin. Contrairement à « l’Amérique du Sud (qui) connaît un développement fulgurant (grâce aux progrès scientifiques) nous sommes prisonniers des sujets d’innovations », regrette le représentant de la coopération. Concernant la volatilité des prix agricoles qui perturbe les marchés mondiaux, Philippe Mangin s’est insurgé contre la « financiarisation excessive du marché agricole ». Les matières premières agricoles sont devenues des « objets de convoitise des spéculateurs et des opérateurs financiers avec les dangers que cela comporte ». Et le président de s’alarmer : « Cela développe des prises de risques insupportables qui pourraient avoir des conséquences catastrophiques pour les coopératives agricoles. » S’agissant de l’organisation des producteurs, le dirigeant considère que « cela reste une faiblesse française ». Aussi Coop de France est-elle « farouchement demandeur de la contractualisation, que ce soit dans le secteur laitier ou entre céréaliers et éleveurs (...) à condition que cela s’inscrive dans une démarche de filière ». Evoquant le Gie Export (cf. brève), Philippe Mangin déclare ne pas être « très enthousiaste » à l’intégrer « dans les conditions actuelles », car il favorise le « tout export » en détriment du débouché national. Des positions qui suscitent la désapprobation tantôt des producteurs, tantôt du gouvernement, et à laquelle Coop de France compte bien répondre lors de son Congrès annuel, qui se déroulera les 28 et 29 novembre prochains à Paris. Et Philippe Mangin de conclure : « Nous n’avons pas la volonté de fuir les critiques, nous avons la volonté de les traiter. »