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mardi 7 février 2012

L'HUMEUR
DE LA SEMAINE

  • Freezer Market

    Le froid est là ! Ce n’est pas une surprise en hiver, mais la chute des températures a été brutale. Surtout après le temps clément qui a prévalu depuis septembre. Et c’est bien là le problème. La douceur du climat a permis aux cultures de prendre de l’avance sur leur développement. Cela les rend plus vulnérables au gel. Les températures seraient inférieures de 10 °C à la normale, situation qui ne se reproduit que tous les dix ans ! -10 en France, -15 en Allemagne et Pologne et jusqu’à -30 en Ukraine et Russie... C’est tout le vieux continent qui est en alerte, craignant en particulier pour ses colza et blé dur. Les marchés, déjà soutenus par la météo sud-américaine et les incertitudes sur les ventes de blé russes, n’avaient pas besoin de cela. Même si rien n’est joué pour les cultures de notre côté de l’Atlantique, le risque suffit à faire frissonner le marché. Les vendeurs se retirent et les cours grimpent. Du coup, les acheteurs cherchent à se couvrir... et les cours grimpent !...

sauvons la luzerne

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Interview JTIC 2009

Mis en ligne le 09 octobre 2009

« Nous sommes parvenus à fédérer davantage l’amont et l’aval de la filière céréalière»


La Dépêche-Le Petit Meunier : L’an passé, Jean-Marie Poncey président de l’Aemic invitait, dans nos colonnes, à faire de ce 60e anniversaire des JTIC “un grand événement”. Le rendez-vous sera-t-il à la hauteur ?

Catherine Matt : Tout à fait. Nous avons poussé le curseur encore plus haut cette année. Les JTIC 2009 seront exceptionnelles à plusieurs titres. Par leur localisation, tout d’abord.

Elles se tiendront pour la première fois dans une grande région céréalière et non plus à Paris. C’est également une édition faite de records, en termes de dimension et de fréquentation. L’espace d’exposition a été multiplié par trois, passant de 700m2 à plus de 2.500m2. Avec plus de 100 entreprises et associations représentées, c’est un véritable Salon des Industries Céréalières que nous proposons cette année. Et, malgré le déménagement, nous devrions dépasser les 1.500 visiteurs sur les deux journées, dans une période pourtant chargée professionnellement. Les JTIC tombent notamment en même temps que la bourse européenne des grains. D’après mes retours, la plupart des entreprises se sont organisées pour être présentes aux deux événements.
Avec déjà 1.400 réservations sur les deux journées, notre objectif devrait être atteint. Nous avons ressenti un formidable engouement autour de l’idée d’une édition hors normes et festive pour célébrer cet anniversaire. Les institutions locales, de la région, du département et de la ville, partenaires de ce rendez-vous, nous ont également accompagné.

La Dépêche-Le Petit Meunier : L’effet de la crise ne s’est donc pas fait sentir ?

Catherine Matt : Nos filières sont relativement épargnées comparées à celles d’industries lourdes comme celle de l’automobile par exemple. La morosité ambiante se ressent néanmoins dans tous les secteurs économiques. Malgré cela, les professionnels sont au rendez-vous. Sans doute misent-ils sur la communication pour contrecarrer les effets de la conjoncture. D’ailleurs, de nombreuses innovations seront présentées durant ces journées, dans le cadre notamment de l’Espace Ateliers. De plus, se rencontrer, jauger sa situation par rapport à celle de ses partenaires commerciaux et concurrents, est indispensable pour les professionnels.

La Dépêche-Le Petit Meunier : Le profil des participants a-t-il évolué ?

Catherine Matt : Par le choix des sujets de conférences, nous sommes aussi parvenus à fédérer davantage l’amont de la filière, attiré notamment par l’Eco-conception dans la filière, du champ à l’assiette. Les efforts de communication déployés par les équipes de l’Aemic et d’Arvalis-Institut du Végétal ont sans doute également été payants.

Le thème de “l’innovation technique dans les produits de panification et son impact sur les cahiers des charges fournisseurs” semble pour sa part avoir mobilisé l’aval, la boulangerie industrielle étant plus représentée parmi les visiteurs que les années passées.

Dans les rangs des exposants, nous accueillerons davantage d’étrangers. Une fois encore, les exposants semblent vouloir rivaliser de dynamisme. L’Inra a par exemple mobilisé 20 chercheurs, qui se relayeront durant les deux journées pour renseigner les visiteurs sur ses travaux et avancées scientifiques dans le domaine céréalier. L’institut proposera également des focus sur des sujets précis, comme les nouvelles farines et nouveaux outils de caractérisation, la question environnementale, les nouveaux usages des céréales ou encore les données nutritionnelles, par exemple. D’autres participants, plus inattendus, seront aussi de la partie, comme la Croix Rouge qui présentera son offre de formation aux entreprises. Le Pôle Emploi prendra part au “Salon de l’emploi des JTIC” qui, lui aussi, a pris une nouvelle dimension. Il drainera donc aussi des offres et demandes locales.

LDP-LPM: L’espace atelier offre aux exposants l’opportunité de présenter leur activité, leurs nouveaux produits, voire proposer des mini-exposés. Cela ne risque-t-il pas de faire du tort aux conférences ?

Catherine Matt : Le but de ces journées est d’attirer le maximum de professionnels pour les exposants et de permettre aux visiteurs de récolter des informations de fond certes, mais également relatives à l’offre de services, aux innovations et à l’actualité de la filière. Dans cette formule, l’objectif semble toujours atteint. A chacun de se faire son propre programme.

La Dépêche-Le Petit Meunier : Si vous deviez défendre le choix de vos sujets de conférences comment les vendriez-vous ?

Catherine Matt: L’équilibre entre les critères économique et écologique sera le fil directeur de ces deux journées. Des préoccupations dans l’air du temps. Par exemple, le jeudi matin sera consacré à l’innovation en panification. Une initiative qui suppose des adaptations de process ou de formulation, et influe sur les cahiers des charges fournisseurs. Cela n’est pas neutre en terme de coût et donc de rentabilité pour une entreprise. Par les exposés et témoignages, nous allons fournir des clefs pour aiguiller les professionnels dans leurs prises de décisions.
Le vendredi après-midi, nous allons démontrer que la rentabilité doit être au rendezvous si l’on veut que les arbitrages se fassent en faveur des outils logistiques respectueux de l’environnement.
La demi-journée consacrée à l’Eco-conception prouvera, pour sa part, que les orientations du Grenelle peuvent être mises à profit pour produire des céréales à haute performance environnementale certes, mais également économique.

La Dépêche-Le Petit Meunier : Cette édition est-elle vouée à rester l’exception ou n’estelle qu’une nouvelle phase dans la montée en puissance des JTIC ?

Catherine Matt : Nous dresserons un bilan, notamment de satisfaction, à l’issue de ces journées. La délocalisation n’est pas acquise, même s’il est fort probable que les JTIC se déroulent de nouveau à Reims en 2010. Néanmoins, il ne semble pas question de revenir en arrière en ce qui concerne la dimension de l’événement. L’équipe organisatrice étudie par ailleurs un projet d’internationalisation plus poussée.

La Dépêche-Le Petit Meunier : L’une des missions de l’Aemic est d’épauler les entreprises dans leur recherche de collaborateurs. Comment le marché de l’emploi se présente-t-il ?

Catherine Matt : Difficile au printemps, le marché de l’emploi a enregistré un sursaut en juillet et s’avère de nouveau laborieux depuis la rentrée. D’une manière générale, dans la conjoncture actuelle, les recruteurs jouent la prudence et les procédures d’embauches sont plus longues. Par ailleurs, les organigrammes se concentrent dans les entreprises.
Les postes secondaires sont supprimés et les opérationnels privilégiés. Les sociétés sont par ailleurs toujours à la recherche de commerciaux. On observe également des besoins de recrutement importants en alimentation animale et au sein des coopératives. Un phénomène qui s’explique par la pyramide des âges. De nombreux professionnels du secteur approchent l’âge de la retraite. Il y a de beaux postes, réservant des perspectives d’évolutions intéressantes, à saisir. Les compétences françaises sont également demandées pour des fonctions à l’international, et en particulier pour de la direction de travaux.

La Dépêche-Le Petit Meunier : Comment les offres évoluent-elles au niveau salarial ?

Catherine Matt : On pourrait s’attendre à un repli en cette période de prudence. Mais les profils céréaliers se raréfient, du fait de la baisse des effectifs de l’Ensmic-Enilia notamment. Résultat les niveaux de rémunération se maintiennent. Face aux difficultés rencontrées pour trouver du personnel qualifié et mobile, les industriels tendent à assurer euxmêmes la formation de leur collaborateurs.


Propos recueillis par Marianne Roumégoux
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