Le froid est là ! Ce n’est pas une surprise en hiver, mais la chute des températures a été brutale. Surtout après le temps clément qui a prévalu depuis septembre. Et c’est bien là le problème. La douceur du climat a permis aux cultures de prendre de l’avance sur leur développement. Cela les rend plus vulnérables au gel. Les températures seraient inférieures de 10 °C à la normale, situation qui ne se reproduit que tous les dix ans ! -10 en France, -15 en Allemagne et Pologne et jusqu’à -30 en Ukraine et Russie... C’est tout le vieux continent qui est en alerte, craignant en particulier pour ses colza et blé dur. Les marchés, déjà soutenus par la météo sud-américaine et les incertitudes sur les ventes de blé russes, n’avaient pas besoin de cela. Même si rien n’est joué pour les cultures de notre côté de l’Atlantique, le risque suffit à faire frissonner le marché. Les vendeurs se retirent et les cours grimpent. Du coup, les acheteurs cherchent à se couvrir... et les cours grimpent !...
13 février 2012 Séminaire de restitution “Grandes cultures autonomes” Paris VIe En savoir + 22 février 2012 Conférence “Nouvelle donne géopolitique et économique mondiale : l’alimentation et la production au Paris Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis) En savoir + 25 février 2012 Salon international de l’Agriculture Paris En savoir +
A 664 Mt, la production mondiale de blés est relevée de 4 Mt sur le mois, les échanges de 2 Mt
Le CIC a relevé, dans son rapport du 24 juin, ses prévisions de production de blé pour 2010/2011 de 4 Mt sur un mois, à 664 Mt (contre 677 Mt en 2009/2010) pour traduire l’amélioration des perspectives aux Etats-Unis (+2 Mt à 56 Mt/60,3 Mt), en Chine (+2, Mt à 111 Mt/115,1 Mt), en Australie (+1 Mt à 22 Mt/=) et en Iran, et ce malgré une détérioration au Canada, où le maintien des conditions humides a entravé les semis de printemps. Les prévisions de consommation mondiale de blé sont aussi relevées de 4 Mt, principalement du fait d’une révision à la hausse de l’utilisation dans l’alimentation animale, surtout en Asie. Les projections de stocks de report mondiaux en 2010/11 restent donc inchangées par rapport au mois dernier, à 201 Mt (195 Mt l’an passé), leur plus haut niveau en neuf ans.
Une récolte européenne de blé attendue à près de 142 Mt Dans l’UE, les prévisions de récolte sont abaissées de 0,7 Mt, à 141,7 Mt (138,3 Mt), principalement du fait d’une baisse des projections de rendement en France, en République Tchèque et en Pologne. Toutefois, les perspectives se sont bonifiées en Bulgarie et en Roumanie. Le temps sec, courant avril-mai, a nui au potentiel de rendement dans le nord-d ouest de l’Europe, tandis que des pluies excessives étaient défavorables en certains points d’Europe centrale. Malgré une hausse des semis, la production Kazakhe devrait être stable sur l’année, à 16,5 Mt. En Russie, bien que les semis de blé soient en légère hausse, la superficie moissonnée devrait reculer en raison des dégâts causés par le gel. En supposant des rendements moyens, la production russe est estimée à 57 Mt (61,7 Mt). Pour l’Ukraine, si les semis affichaient une hausse de 4 % cette année, le gel a fait chuter la superficie moissonnée de 3 %, à 6,4 Mha. La production est estimée en retrait de 9 % sur 2009, à 19 Mt, même si ce chiffre fait 0,2 million de plus que le mois dernier. Un temps pluvieux et froid a continué de retarder les semis et l’émergence des plants dans l’ouest canadien. La Saskatchewan affiche le retard le plus marqué avec seulement 4/5e des semis réalisés durantla 3e semaine de juin et de vastes superficies restées vierges. Le total de la sole de blé au Canada est placé à 8,6 Mha, contre 9,4 Mha auparavant, et 10 Mha en 2009. De ce fait, les prévisions de production sont abaissées de 2 Mt, à 22 Mt en recul de quelque 17 % sur la récolte exceptionnelle de l’an dernier, dont 2,8 millions (5,4 Mt) de blé dur. Le temps sec a facilité les travaux des champs en Afrique du Nord. Au Maroc, où la moisson dans le centre du pays a été accélérée par des températures de début juin supérieures à la normale, la production devrait régresser à 4 Mt après le record de 6,4 Mt observé l’an dernier. Cela traduit une contraction des semis par rapport à 2009, où les rendements avaient été exceptionnellement élevés. La récolte en Algérie devrait être supérieure à la moyenne, à 3 Mt (3,5 Mt). Des conditions sèches et des températures très élevées ont été propices à la maturation des cultures et à la moisson en Iran. Les perspectives de rendement sont supérieures à la moyenne. Les prévisions de production sont proches du record de 2007, à 14,5 Mt (12, Mt), en hausse de 0,5 Mt sur le mois. Après deux années de récoltes sapées par la sécheresse, le CIC s’attend à ce que la production de l’Irak fasse un bond de 60 %, à 2,1 Mt. En Argentine, l’ouest et le sud restent secs. Après deux années de piètres récoltes, le conseil table sur une hausse des semis de 35 %, qui devrait doper la production à 12 Mt (8 Mt).
Echanges mondiaux en léger repli Les échanges mondiaux de blé sont estimés à 120 Mt (122 Mt). Un repli imputable à une contraction des besoins d’importation au Proche-Orient. Le chiffre est presque inchangé par rapport au mois de mai, avec un accroissement des projections d’importations de blé fourrager pour quelques pays d’Extrême-Orient plus ou moins compensé par une réduction pour le blé de meunerie en Iran et en Irak. Les ventes de l’UE sont majorées de 0,6 Mt sur le mois et portées à 19,5 Mt (20,2 Mt). Du fait de disponibilités canadiennes plus tendues à l’exportation la demande en blés de meunerie américains à forte teneur en protéines devraient être soutenue.