Le froid est là ! Ce n’est pas une surprise en hiver, mais la chute des températures a été brutale. Surtout après le temps clément qui a prévalu depuis septembre. Et c’est bien là le problème. La douceur du climat a permis aux cultures de prendre de l’avance sur leur développement. Cela les rend plus vulnérables au gel. Les températures seraient inférieures de 10 °C à la normale, situation qui ne se reproduit que tous les dix ans ! -10 en France, -15 en Allemagne et Pologne et jusqu’à -30 en Ukraine et Russie... C’est tout le vieux continent qui est en alerte, craignant en particulier pour ses colza et blé dur. Les marchés, déjà soutenus par la météo sud-américaine et les incertitudes sur les ventes de blé russes, n’avaient pas besoin de cela. Même si rien n’est joué pour les cultures de notre côté de l’Atlantique, le risque suffit à faire frissonner le marché. Les vendeurs se retirent et les cours grimpent. Du coup, les acheteurs cherchent à se couvrir... et les cours grimpent !...
07 février 2012 Séminaire Orges brassicoles Paris En savoir + 13 février 2012 Séminaire de restitution “Grandes cultures autonomes” Paris VIe En savoir + 22 février 2012 Conférence “Nouvelle donne géopolitique et économique mondiale : l’alimentation et la production au Paris Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis) En savoir +
Le développement des besoins en biocarburants, aux États-Unis comme dans l’UE, devrait maintenir les prix sous tension, selon l’USDA
PLUTÔT OPTIMISTE. Dans ses dernières projections à dix ans diffusées le 11 février, le département américain de l’Agriculture (USDA) pronostique des prix « à des niveaux historiquement élevés » d’ici à 2019. Le maïs et les oléagineux seraient particulièrement concernés. Leurs cours dépasseraient les moyennes enregistrées avant 2006. L’USDA mise à la fois sur une hausse de la demande mondiale en produits agricoles ainsi que sur les besoins croissants en éthanol de maïs aux États-Unis et de biodiesel en Europe. Dans l’Union européenne, les cultures annuelles devraient encore fournir 60 % des biocarburants utilisés dans le cadre des 10 % d’incorporation obligatoire d’ici 2019. Selon l’USDA, la production de biodiesel resterait largement majoritaire, mais les besoins en éthanol progresseraient malgré tout. Ils atteindraient, en 2020, 35 % du total contre 28 % en 2009.
Quelque 34 à 35 % de la récolte de maïs américaine pour l’éthanol Aux États-Unis, le maïs demeurerait la principale source d’éthanol. L’industrie poursuivrait son développement, enregistrant tout de même un ralentissement par rapport aux gains rapides de ces dernières années. Il faut dire que le département américain de l’Agriculture envisage un ralentissement de la croissance des besoins en essence sur la période. Il estime également limité le potentiel de pénétration de l’E10 et de l’E85 sur le marché intérieur. Quoi qu’il en soit, ce débouché absorberait tout de même, vers 2019, 34 à 35 % de la récolte de maïs. La production de biodiesel augmenterait pour sa part d’un milliard de gallons d’ici 2012. Mais elle proviendrait pour moins de 50 % d’huiles végétales non recyclées produites aux États-Unis. En parallèle et dans une moindre mesure, la production de biocarburants grimperait également au Brésil, en Argentine et au Canada. À plus court terme, l’USDA envisage un ralentissement de la demande en alimentation animale. D’ici à 2011, une réduction de la production de viande et particulièrement de volailles aux États-Unis est prévue. En cause : les hauts niveaux de prix des matières premières à l’origine d’une hausse des coûts de production, mais aussi la baisse de la consommation de viande due à la récession économique.