Nicolas Sarkozy assure vouloir faire du « chantier de la volatilité des matières premières » un des principaux dossier mis sur la table du prochain G20 qui débutera le 12 novembre et sera présidé par la France. Bonne nouvelle. Simple annonce de circonstance ou réelle volonté d’avancer ? On se plaît à croire que les choses vont évoluer sauf que… le dossier passera, par ordre de priorité, juste après celui de la réforme du système monétaire international. Autant dire que ce n’est pas gagné. Les débats autour de la pollution ne sont pas parvenus à convaincre l’ensemble des 20 plus grandes puissances mondiales de signer le protocole de Kyoto. Qu’attendre alors de négociations autour d’un sujet qui attire autant d’intérêt(s) que la Finance ? On peut douter qu’un consensus soit trouvé rapidement et que la question de la volatilité puisse à son tour avancer. On peut toujours y croire....
10 septembre 2010 AG de l'Association nationale de la meunerie française Surgères (17) En savoir + 15 septembre 2010 Bourse exceptionnelle de rentrée Paris (II) En savoir +
Le volume d’échange quotidien sur Euronext est insuffisant pour les fonds d’investissement
LES COUVERTURES d’achats physiques de produits agricoles par des transformateurs représentent la majorité des opérations réalisées sur Euronext. C’est ce qu’assure Jean-Philippe Folco, responsable matière première chez Newedge, une société de courtage financier.
Euronext est trop étroit pour la spéculation financière La proportion d’opérateurs non commerciaux sur le CBOT serait plus importante que sur Euronext en raison des volumes. Le responsable de Newedge, intervenant sur l’ensemble des marchés à terme explique « qu’un minimum de 1.000 contrats/jour en moyenne, par produit et par échéance doivent être négociés sur une plateforme pour que les fonds d’investissement s’y intéressent ». Selon lui, « 90% des clients de Newedge sont des opérateurs des filières agricoles ». Ainsi, du fait d’un volume d’échange supérieur, l’influence du CBOT sur Euronext reste forte, et la volatilité des marchés à terme américains impacte souvent les cours européens. Dans ce rapport de force, « l’Ukraine pourrait jouer un rôle déterminant, si ses producteurs venaient à se couvrir sur Euronext » explique Jean-Philippe Folco. « Avec une production équivalente à celle de l’Europe, l’Ukraine pourrait peser sur le marché mondial » poursuit-il, en précisant « qu’il faudrait, pour cela, que les qualités produites correspondent aux critères des contrats négociables sur Euronext ». Alors, le mouvement pourrait s’inverser. Les prix européens deviendraient, dans ce cas, plus significatifs au niveau mondial, et influenceraient les cours des autres marchés. La présence de financiers sur les produits agricoles côtés sur Euronext pourrait alors s’accroître, et la question de la transparence des opérations deviendrait pressante.
Transparence sur les marchés à terme « La transparence est intéressante pour l’ajustement des stratégies et la sécurité financière de l’ensemble des opérateurs physiques » selon le responsable de Newedge. Il poursuit en expliquant que, « des outils de traçabilité seraient à l’étude chez Euronext, mais leur implémentation pourrait rencontrer des difficultés face à la réglementation européenne ». Un gain en transparence sur Euronext clarifierait le fait que les fonds d’investissement y sont minoritaires. De plus, pour Newedge, la transparence sur les marchés à terme permettrait de mieux déterminer les origines de la volatilité. En effet, pour Jean Philippe Folco, « si les fonds d’investissement produisent de la volatilité sur les marchés lors de prises ou de retraits massifs de positions, de gros opérateurs physiques peuvent aussi produire de fortes variations, à l’exemple de la Chine lorsqu’elle se présente aux achats sur le marché physique ». Le responsable déclare cependant que « des opérateurs physiques à vision internationale sont capables de s’ajuster et de profiter des variations ».
Les transformateurs, premiers couverts La prise de conscience, par les acheteurs, des risques liés à la flambée des prix a commencé lors de la campagne 2006-2007. C’est à cette période que les opérateurs sont arrivés sur les marchés à terme pour gérer leurs marges. Parmi les opérateurs des filières agricoles les plus présents sur les marchés à terme, Jean Philippe Folco cite en premier, « les transformateurs, qu’ils soient fabricants d’aliments du bétail, meuniers ou éthanoliers ». Et conclut que « si quelques producteurs agricoles sont amenés à se couvrir sur les marchés à terme, leur nombre reste marginal en raison d’un problème de taille critique des exploitations, et de formation ».