Le froid est là ! Ce n’est pas une surprise en hiver, mais la chute des températures a été brutale. Surtout après le temps clément qui a prévalu depuis septembre. Et c’est bien là le problème. La douceur du climat a permis aux cultures de prendre de l’avance sur leur développement. Cela les rend plus vulnérables au gel. Les températures seraient inférieures de 10 °C à la normale, situation qui ne se reproduit que tous les dix ans ! -10 en France, -15 en Allemagne et Pologne et jusqu’à -30 en Ukraine et Russie... C’est tout le vieux continent qui est en alerte, craignant en particulier pour ses colza et blé dur. Les marchés, déjà soutenus par la météo sud-américaine et les incertitudes sur les ventes de blé russes, n’avaient pas besoin de cela. Même si rien n’est joué pour les cultures de notre côté de l’Atlantique, le risque suffit à faire frissonner le marché. Les vendeurs se retirent et les cours grimpent. Du coup, les acheteurs cherchent à se couvrir... et les cours grimpent !...
13 février 2012 Séminaire de restitution “Grandes cultures autonomes” Paris VIe En savoir + 22 février 2012 Conférence “Nouvelle donne géopolitique et économique mondiale : l’alimentation et la production au Paris Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis) En savoir + 25 février 2012 Salon international de l’Agriculture Paris En savoir +
Senalia s’ouvre un débouché de 600.000 t sur l’Extrême-Orient
Le groupe coopératif Senalia a conclu un accord avec le groupe japonais Marubeni pour l’exportation de 600.000 t de céréales par an à destination de l’Extrême-Orient. Les premières expéditions depuis les installations rouennaises du prestataire de service sont planifiées pour le début de la campagne 2010/2011.
Marubeni importe 20 Mt sur l’Asie chaque année Marubeni est le plus gros importateur de céréales du Japon avec 5,5 Mt. Le groupe gère également les approvisionnements d’autres matières premières, comme le colza, le sorgho, ou divers coproduits, pour lesquels il assure entre 12 et 20 % des achats nationaux. L’entreprise japonaise est opérationnelle dans d’autres pays d’Asie, comme le Vietnam, la Corée du Sud ou la Thaïlande, pour un volume global de 14,5 Mt. L’intérêt de Marubeni porterait, dans le cadre de l’accord engagé avec Senalia, sur des blés fourragers et meuniers et des orges de brasserie, expédiées en vrac et conteneurs, précise son directeur opérationnel, Gilles Kindelberger. L’importateur japonais serait également demandeur de différents coproduits destinés à la nutrition animale : drêches, tourteaux de colza ou encore pulpes de betteraves. Une opportunité qui cadre avec la recherche d’une massification des flux dans le cadre du projet du canal Seine-Nord UE. Celui-ci prévoit d’ailleurs, entre autres, de drainer des pulpes champenoises pour une exportation depuis le port de Rouen. A plus large échelle, le groupe japonais gère chaque année un flux de 20 Mt de matières premières agricoles. « Marubeni a développé des stratégies d’approvisionnement avec de gros opérateurs chinois, polonais, brésilien, américain ou encore argentin », ajoute Gilles Kindelberger. Un ancrage potentiellement exploitable pour les céréales françaises. Cet accord marque un grand changement pour le Japon qui s’approvisionnait jusqu’alors auprès des Etats-Unis, du Canada et de l’Australie, « en vertu d’accords datant de la fin de la seconde guerre mondiale », selon André Laude, directeur général de Senalia.