Le froid est là ! Ce n’est pas une surprise en hiver, mais la chute des températures a été brutale. Surtout après le temps clément qui a prévalu depuis septembre. Et c’est bien là le problème. La douceur du climat a permis aux cultures de prendre de l’avance sur leur développement. Cela les rend plus vulnérables au gel. Les températures seraient inférieures de 10 °C à la normale, situation qui ne se reproduit que tous les dix ans ! -10 en France, -15 en Allemagne et Pologne et jusqu’à -30 en Ukraine et Russie... C’est tout le vieux continent qui est en alerte, craignant en particulier pour ses colza et blé dur. Les marchés, déjà soutenus par la météo sud-américaine et les incertitudes sur les ventes de blé russes, n’avaient pas besoin de cela. Même si rien n’est joué pour les cultures de notre côté de l’Atlantique, le risque suffit à faire frissonner le marché. Les vendeurs se retirent et les cours grimpent. Du coup, les acheteurs cherchent à se couvrir... et les cours grimpent !...
13 février 2012 Séminaire de restitution “Grandes cultures autonomes” Paris VIe En savoir + 22 février 2012 Conférence “Nouvelle donne géopolitique et économique mondiale : l’alimentation et la production au Paris Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis) En savoir + 25 février 2012 Salon international de l’Agriculture Paris En savoir +
A l’Est comme à l’Ouest, c’est le mot « hétérogène » qui revient le plus souvent concernant la prochaine récolte de colza. « Nous avons perdu 40 % des surfaces semées qui ont dû être retournées », jusqu’à début mai pour certaines, signale Philippe Ballanger chez Charente alliance. Les champs ont en plus subi des attaques d’altises puis de charançons. La fourchette des rendements serait très large, pour un rendement moyen de l’ordre de 27 q/ha, 12 à 15 q/ha inférieur à celui de 2009. Denis Courzadet, chez Epis-Centre, s’attend à une moyenne de l’ordre de 30 q/ha, inférieur à 2009 mais supérieur aux 28 q/ha de la moyenne historique. Chez Dijon céréales, Mickaël Mimeau estime la récolte 2010 inférieure à celle de 2009, qui était exceptionnelle. Les rendements voisineraient 32 q/ha, loin des 38 q/ha de l’an passé. En cause : le nombre de siliques restés bas, la présence de viroses apportées par les pucerons à l’automne, les attaques de méligèthes, et la mauvaise alimentation des plantes en avril. Pour le négoce Hubau, dans le nord de la France, Christophe Possien prévoit, du fait des conditions climatiques, des situations « très très variables » selon les parcelles. Il faudra également compter avec les attaques de sclérotinia. Mais la floraison s’étant bien déroulée, le rendement moyen monterait tout de même à 42 voire 43 q/ha. Chez Champagne Céréales, Jean-Luc Jonet est plus optimiste. D’après les comptages, « le nombre de siliques, sans être excellent, est supérieur à une année moyenne », souligne-t-il. Les conditions de remplissage des grains paraissent quant à elles plutôt favorables. Pour la zone de collecte de Cohésis, Patrice Salomé envisage des rendements allant de 30 à 40 q/ha, compte tenu des problèmes de froid, de temps sec et des apports d’azote tardifs.